04/05/2013

Rire, ne pas sangloter / Conversation avec Gabriel Byrne. Part ➁

English text follows French


Le film de Jérôme Bonnell "le temps de l'aventure" s'intitule en anglais "Just a sigh".
J'aime beaucoup ce titre. Ce n'est pas moi qui l'ai trouvé, c'est Jérôme.
Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir cherché.
J'ai une petite histoire à vous raconter autour de cette recherche...

Rire, ne pas sangloter.

"Le temps de l'aventure" de Jérôme Bonnell, Emmanuelle Devos, Gabriel Byrne

Printemps 12, Paris.

Je raccroche le téléphone.
Le cinéaste Jérôme Bonnell vient de m'annoncer qu'il va faire son film. Après une période d'incertitudes, la production va démarrer. Ce sera "Le temps de l'aventure" avec l'actrice française Emmanuelle Devos et le comédien irlandais Gabriel Byrne. Emmanuelle est sur le projet depuis son origine, Gabriel vient de donner son accord. Il a même refusé un autre film pour faire celui-ci. C'est dire s'il aime.
Comme dirait Higelin: Champagne!
Le scénario est un petit bijou. Il sera servi par la grâce d'Emmanuelle Devos, par son jeu merveilleusement riche, et par celui de Gabriel Byrne, au charme et au talent époustouflants.
L'actrice de "Sur mes lèvres" face à un des acteurs de "Usual suspects".
Je fais le point. 
J'ai déjà lu et travaillé sur le scénario. J'aime ce moment où je peux mettre des visages sur les personnages. J'ai minuté une histoire où le rôle principal féminin a le visage familier d'Emmanuelle. C'est une actrice que j'aime énormément. J'aime aussi la femme qui est extrêmement attachante, proche de l'équipe de tournage. J'ai déjà travaillé avec elle sur "J'attends quelqu'un" avec Jérôme, et sur "Les beaux gosses" de Riad Sattouf. Tout au long de l'exercice très technique du minutage, où il faut mimer les scènes, imaginer les déplacements avec un chrono à la main, l'acteur principal n'avait pas de traits. Il était l'homme sans visage. A présent, tout se met en place.
Je vais fureter sur internet pour voir à quoi ressemble Mr Byrne qui a définitivement quitté la peau du Docteur Paul Weston de "In treatment". Ce que je lis sur l'acteur, ses choix professionnels, ses engagements publiques, me conforte dans l'idée que l'homme est très intéressant. Sa présence sur un projet français donne au film une stature internationale, et ce n'est pas négligeable. Le temps de l'aventure du tournage risque donc d'être assez formidable.  
Je me demande quel sera le titre en langue anglaise. La traduction littérale n'a aucun intérêt, elle frôle même le contre sens. "The time of adventure". C'est catastrophique.
Je ne me focalise pas spécialement sur cette recherche, mais j'y pense de temps à autre, en écoutant de la musique et en lisant en anglais. Adolescente, j'apprenais par coeur toutes les chansons des Beatles, et de John Lennon, je les recopiais dans des cahiers d'écolier en rêvant. Il y a toujours une formulation très intéressante dans les bonnes chansons de la pop française et anglo-saxonne, pour exprimer des idées et des sentiments. Dans le domaine de la littérature, la romancière Delphine de Vigan a choisi pour titre de son dernier roman "Rien ne s'oppose à la nuit", paroles d'une chanson de Bashung. Elle a eu raison. Avec un tel titre, on a envie de lire. En tout cas moi, j'ai envie.
C'est dans ce filon qu'il faut prospecter, trouver les mots-pépites qui vont vous attirer irrésistiblement dans une salle obscure. J'écoute donc plus que je n'entends la musique qui parvient à mes oreilles, quel qu'en soit le support. J'absorbe telle une éponge, au hasard Balthazar.
Les choses se précisent le jour où je glisse dans ma chaîne un CD de Madonna "Ray of light". À force de trop l'écouter, je l'avais laissé de côté. Sorti en 98, l'album est toujours aussi magique, j'en connais toutes les mélodies qui n'ont pas pris une ride. Je ne sais pas si c'est le meilleur album de Madonna, en tout cas, c'est celui que je préfère. La chanteuse s'y dévoile au travers de textes personnels, où il est question de sa maternité, ou à l'inverse d'expériences douloureuses. La plupart des chansons sont intimes et touchantes. J'ai la sensation de découvrir l'album à nouveau. Une chanson finit par me faire ouvrir le carnet à l'intérieur du CD, à cause des mots "walking on..." puis quelque chose que je ne comprends pas. Cette expression "walking on a wire" qui signifie "marcher sur un fil" est dans la chanson qui s'intitule "to have and not to hold". Madonna y parle d'un homme dont elle est, ou a été amoureuse, sans être aimée en retour. C'est une chanson qui raconte une expérience sentimentale douloureuse. En lisant les paroles écrites noir sur blanc, je me dis que je suis tombée sur la mine que je cherchais. Je fais le plein de mots, le plein d'idées de titres possibles: "To love not to keep", "Like a moth to a flame", "Walking on a wire".
Le scénario de Jérôme raconte une femme qui aime un homme qui l'aime en retour, mais c'est un amour sans lendemain, l'amour de deux êtres qui ne se gardent pas l'un l'autre, du moins pas physiquement. La chanson regorge d'expressions évocatrices du sujet du film. J'ai presque l'embarras du choix. J'ai une préférence pour "To love not to keep", mais je ne choisis pas, je note simplement.
Je me promets d'en parler à Jérôme, mais rien ne presse.
A la même période, je fais des recherches d'images sur internet pour personnaliser mon scénario. J'utilise une ravissante photo d'Emmanuelle prise au festival de Cannes, où elle a été jurée. Et une photo de Gabriel que je n'arrive pas à dater, mais qui me semble récente.


Emmanuelle Devos. Cannes 2012
Gabriel Byrne


J'ajoute le titre, en utilisant une police qui donne l'impression qu'on a écrit à la main. Voici une photo de mon scénario.





En attendant le début du tournage, je prépare le film, j'écris sur mon blog. Sur internet, il m'arrive de lire des actualités sur Emmanuelle, et d'autres en anglais sur Gabriel.
Et puis un jour, je tombe sur cet article du Belfast Telegraph
Il est assez long. Voici ce qui retient mon attention:
Au cours de l'entretien, Gabriel Byrne évoque une scène qui a eu lieu chez son coiffeur. La chanson "To have and not to hold" passe sur la stéréo du salon, et l'acteur dit à celui qui est en train de lui couper les cheveux que Madonna a écrit cette chanson pour lui. Il ajoute qu'elle lui a même téléphoné pour le lui dire.
Faites vous votre propre opinion, voici la chanson avec la traduction
 

 
Devant mon ordinateur, en lisant l'interview, je prends le même air interrogateur que le coiffeur de MrByrne, lorsqu'il écoute le morceau dans son salon. Comme lui, je doute fort que la chanson soit un compliment à l'égard du comédien. D'aucuns y verront même une certaine malice de ce dernier puisqu'il n'hésite pas à faire ses confidences à son coiffeur, et des années après à en parler à un journaliste.
Mais, comme diraient les inconnus Campan, Bourdon, et Légitimus, cela ne nous... regarde pas.
Pour ma part, je suis sidérée.
Imaginez, je cherche une idée pour un titre de film, et par le plus grand des hasards, je tombe sur LA chanson écrite par la star absolue de la pop qui règle ses comptes en musique avec l'acteur qui joue dans CE film. Ciccone versus Byrne. Pensez donc, il aurait résisté à celle à qui, personne ne résiste.
De quoi alimenter la légende de l'icône, non?
Jouer de malchance en ce qui me concerne, n'est même pas l'expression qui convient. C'est pire. Tout à coup, je me sens mal à l'aise, comme s'il y avait un tabou autour des mots de cette chanson. J'ai le sentiment désagréable d'avoir cherché mon inspiration à partir d'un document maudit, d'une chanson exécrable. Je m'en détourne complètement, et je rejette tout en bloc.
Dans mon message On n'aperçoit qu'un profil perdu, j'évoquais l'importance d'élargir le plus possible ses champs de recherche, et ses supports de réflexion pour pouvoir écrire. En pensant à la réaction que j'ai eu à l'époque, et donc avec du recul, je confirme ce sentiment: tout est bon pour trouver des idées, même cette chanson qui est, soit dit en passant, absolument superbe. 
C'est pourtant d'un clic droit rageur, que j'ai mis ma liste de titres dans la poubelle. Je ne voulais plus y penser. Ne plus communiquer avec qui que ce soit, à propos de tout ce pataquès. J'avais perdu mon temps, voilà tout.
À ce moment là, j'ai réagi ainsi. 
 
Emmanuelle Devos et Gabriel Byrne entre deux plans de "Le temps de l'aventure" de Jérôme Bonnell

Été 12, Paris.
Le tournage commence. 
Je reviens ici sur la conversation que j'ai eu avec Gabriel à mi-tournage, et dont j'ai livré une partie dans mon message Conversation avec Gabriel Byrne: Le temps d'un soupir
Nous sommes au mois de juillet, en plein Paris, sur le point de tourner une scène où Gabriel Byrne et Emmanuelle Devos quittent un taxi coincé dans les embouteillages, pour s'engouffrer dans une bouche de métro. La scène nécessite la mise en place de rampes à pluie, les réglages sont longs. Gabriel attend, assis dans un coin du plateau.
Voici le suite de ma conversation avec lui:
Je montre les photos qui sont sur mon scénario, et je demande s'il sait où la sienne a été prise.
Il regarde la photo avec attention.
- A blue shirt? No idea... (une chemise bleue, aucune idée...)
Il lit alors avec son timbre de voix si particulier et en détachant chaque syllabe, le titre du film écrit sous les photos.
- Leu ten deu l'a-ven-tuuu-reu...
Et il ajoute.
- How would you translate it in english, Christine? I mean, not literally. (Comment traduirais-tu le titre en anglais Christine, pas d'une manière littérale, j'entends)
- ℜ❖✖✄℆✜✸✡⠩ĔΨω❣❧⠖!!!  
ça, c'est juste pour que vous compreniez ce qui s'est passé dans ma tête.
Quelque chose proche du chaos.
J'ai eu la sensation de passer au tableau, comme quand gamine j'avais appris par coeur la mauvaise strophe de la récitation. J'avais travaillé, et pourtant j'allais récolter une mauvaise note.
L'acteur a posé la seule question à laquelle j'avais décidé de ne plus répondre même en présence de mon avocat.
Ben oui, évidemment Gabriel, pas littéralement, tout le monde s'en fiche du littéralement!
C'est tellement mieux une traduction... éperdue, lyrique, une de derrière les fagots, celle qui est au poil, qui vous va comme un gant, de la tête aux pieds et de pied en cap, celle qu'on vous livre enfin, rubis sur l'ongle avec un claquement de doigts.
Eh bien écoutez Mr Byrne, il faut que j'y réfléchisse voyez vous! Que je fournisse un peu plus de travail personnel peut-être? C'est vrai que je peux mieux faire, mon travail est parfois superficiel. Il m'arrive de me contenter de peu, j'en conviens...

Je vous rassure. Si mille chansons sont passées dans ma tête à cet instant là, du genre:
"Osez Joséphine" (Alain Bashung, je ne sais pas si je dois suivre votre conseil),
"Comment lui dire, comment lui faire comprendre" (Merci France Gall),
"Your eyes they go right through" (Madonna ça suffit, ne la ramène pas, c'est pas le moment!)
"Nan nan, génération nan nan" (Merci Diam's).
... le chaos est resté très intérieur.


Je me suis entendue bredouiller un truc du genre...

- Love... something... It's hard to say... blablabla... "In the mood for love" would have been well but it is already used... Must see the final cut... blablabla.
(Love quelque chose... C'est difficile à dire... blablabla..."In the mood for love" aurait été bien, mais c'est déjà pris... Il faut voir le montage final... blablabla)

Ouh, là là...

Merci en tout cas cher Gabriel Byrne de m'avoir jugée assez fine pour vous fournir une telle traduction.
Pour le reste, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même
Il vaut mieux en rire...

**********

 

Jérôme Bonnell's "Le temps de l'aventure" is intitled in English "Just a sigh" .
I love this title. Jérôme found it.
I'd love to have come up with the idea for that myself!
Concerning this issue, this is what happened to me...
Here is a little story...

To laugh so as not to weep.



Spring 12, Paris.

I hang up the phone.
The french director Jerome Bonnell just told me that he will make his film. After a difficult time, production starts. It will be "Le temps de l'aventure" with french actress Emmanuelle Devos and Irish actor Gabriel Byrne. Emmanuelle inspired the project, Gabriel has just given his consent. He even refused another movie. That really means he likes it.
The french singer Jacques Higelin would say: Champagne!
The script is a little jewel. It will be performed by Emmanuelle Devos's delicate and rich stage presence, and Gabriel Byrne's charm and stunning talent.
The actress of Jacques Audiard's "Read My Lips" and one of the actors of Bryan Singer's "The Usual Suspects".
I sat for a moment to collect my thoughts.
I've already worked on the script. I like when I can put faces to the characters. Throughout the very technical exercise where I mime scenes, imagine actor's gestures in various places with a stopwatch in hand, the female leading actress had the familiar face of Emmanuelle. She is an extremely charming woman, an actress I really love. I've worked with her on Jérôme Bonnell's "J'attends quelqu'un", and on Riad Sattouf's "Les beaux gosses".
Now, everything falls into place. I can browse on the internet to see what Mr Byrne, who has definitely left Dr. Paul Weston's skin on "In treatment", looks like. What I read on the actor's career choices, on his public commitments reinforces my idea that the man is very interesting. His presence gives an international standing to this French movie, and this cannot be ignored. The time of the shooting adventure is likely to be great.
I wonder what the English title will be. A literal translation does not seem to make any sense.
I do not focus specifically on the English title, but I think about it from time to time, listening to music and reading in English. When I was a teenager girl, I memorized all the Beatles and John Lennon's songs, I hand-wrote them in school notebooks, while dreaming. There is always a specific wording in good French pop and Anglo-Saxon songs, to express ideas and feelings. In the field of literature, novelist Delphine de Vigan chose her latest novel title by using Bashung's song lyrics "Rien ne s'oppose à la nuit" (Nothing opposes the night). She was right. With such a title, you want to read. In any case, I do.
This is the lead I want to follow, find the “gold nugget words” that will attract people irresistibly in a movie theater. So I listen more than I hear the music, on whatever medium. I am like a sponge absorbing water.
Things become clearer the day when I just slip Madonna "Ray of Light" into my home stereo. Because of too many days listening to it, I had left it aside. Released in 98, the album is still as magical, I know all of the melodies which have not aged a bit. I do not know if it is Madonna's best album, in any case, this is the one I prefer. She reveals herself through personal lyrics, where it talks about motherhood, or inversely painful experiences. Most of the songs are intimate and touching. I feel like I'm discovering the album again. I ended up opening the book inside the CD, because of the words "walking on ..." then something I did not understand. This expression "walking on a wire" which means "marcher sur un fil" is part of the song entitled "to have and not to hold". This song displays her painful sentimental experience: she fell in love with a man, but she had felt unwanted. By reading the lyrics written black on white, I thought I found the wealth of information I was looking for. I fill up with words, with ideas of titles: "To love not to keep," "Like a moth to a flame", "Walking on a wire."
Jérôme's screenplay tells a woman in love with a man who loves her in return, but it is a one day love, a love of two people who do not keep each other, at least not physically. The song harbours a myriad of expressions evoking the movie subject, I'm spoilt for choice with them. I prefer "To love not to keep," but I do not choose, I simply note.
I promise to talk to Jérôme about that, but there is no rush.
At the same time, I do image searches on the internet to customize my script. I find a beautiful photo of Emmanuelle from the Cannes Film Festival, where she was part of the jury, and a picture of Gabriel that I can not date, but which seems to be recent.
I add the title using a font that gives the impression that it is hand-written. Here is a picture of my script.

While I wait for the shooting to begin, I prepare the film, I write on my blog. On the internet I read about Emmanuelle, and in English about Gabriel.
And then one day, I come across this article in the Belfast Telegraph.
It is quite long. Here's what caught my attention:
During the interview, Gabriel Byrne evokes a scene that took place at his barber shop. The song "To have and not to hold" is on the stereo, and the actor tells the man that Madonna wrote this song for him. She gave him a phone call to let him know.
Here's the song with the french translation.
I doubt the song is a compliment to the actor. Some might see some mischief on his part, since he does not hesitate to make confidence, and years later to tell the story to a journalist.

As far as I am concerned, I am flabbergasted.
Imagine.
I am looking for a movie title idea, and as luck would have it, I come across THE song written by the absolute pop star who settles accounts with the actor playing in this movie. Ciccone versus Byrne. Just think, he would have resisted to the person nobody resists. Enough to feed the icon legend, right?
A case of bad luck, is not even the right expression. It's worse. Suddenly, I feel uncomfortable, as if these words were taboo. I feel unpleasant to have sought my inspiration from a cursed document, from an execrable song. I completely turn away and I reject everything.
Thinking about it now, after the filming, and so, with hindsight, I think everything is good to find ideas, even this song, which just happens to be really superb. But at that time, I made a furious right-click, and put my damned list in the trash. I didn't want to think about it anymore. Did not want to communicate with anyone about that. I wasted my time, that's all.
At that time, I reacted this way.

Summer 12, Paris.

Filming begins.
I come back now to a mid-shot conversation I had with Gabriel Byrne, and that I have partly delivered in my message "Conversation with Gabriel Byrne: Just a sigh" .
We are still July 12, in downtown Paris, about to shoot a scene in which Gabriel Byrne and Emmanuelle Devos leave a taxi stuck in traffic jams, to rush into a subway. The scene requires setting up rain ramps, quite a long time to set up. Gabriel waits, seated in a corner of the set.
Here is part of our conversation:
I show the pictures on my script, and I wonder if he knows where his was taken.
He looks at the picture carefully.
- A blue shirt? No idea ...
He reads than with his so special tone of voice, saying every syllable of every word of the title written under the photos.
- Leu ten deu l'a-ven-tuuu-reu
And he adds.
- How would you translate it in english Christine? I mean, not literally.
- ℜ ❖ ✖ ✄ ℆ ✜ ✸ ✡ ⠩ ĔΨω ❣ ❧ ⠖!
That's just for you to understand the “Pictures in my head”(*).
Something close to chaos.
I had the feeling of being in front of the blackboard like when I was a kid reciting the wrong stanza. I worked, and yet I would get a bad grade.
He asked the only question that I had decided not to respond to, even in the presence of my lawyer.
Yeah, of course Gabriel, not literally, who cares about literally!?
This is much better a ... lyrical translation, the one that comes out of the blue, that's made right for you, that looks and feels good, from head to toe, on the nail, and created in a snap.
Well Mr Byrne, I must think about it, you see! I probably have a necessary additional work to provide, a less superficial approach... I am easily satisfied, I agree ... I can do better...

I assure you. If a thousand songs came about for me, such as...
Osez Joséphine” (Dare Josephine) (Alain Bashung, I do not know if I have to follow your advice)
Comment lui dire, comment lui faire comprendre?” (How to tell him, how to make him understand) (thanks France Gall)
“Your eyes they go right through” (Madonna, that's enough, now it's not the time!)
“Nan nan generation nan nan” (thanks Diam's).
... chaos remained inside.

I heard myself mumble something like...
- Love something... It's hard to say... blah blah blah... "In the mood for love" is a good title but already used... blah blah blah... Must see the final cut...

Ooh, dear...
Thank you anyway dear Gabriel Byrne, because you thought you might receive an answer from me.
It's better to laugh so as not to weep...

(*)"Pictures in my head" by Gabriel Byrne Wolfhound Press Ltd

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